Giovanni Masutti
Giovanni Masutti, l’Italien qui a peint nos paysages intérieurs
Que vous soyez un passionné d’art ou simplement curieux de votre territoire, le parcours autour de Giovanni Masutti est une invitation à ralentir, à pousser la porte de petites églises et à se laisser surprendre par des décors lumineux, vibrants, souvent inattendus. Entre Gironde du Sud et Lot-et-Garonne, c’est un voyage dans l’œuvre d’un peintre italien venu s’ancrer ici, dans nos campagnes, et qui a laissé derrière lui une constellation de fresques, trompe-l’œil et visages habités.
Une vie marquée par la lumière et la résilience
Né en 1903 à Stevenà di Caneva, dans le Frioul, Giovanni Masutti perd très jeune son frère jumeau et l’usage d’un œil. Devenu peintre décorateur dès 14 ans, il voyage, travaille en Suisse, puis franchit la frontière française. En 1933, il s’installe dans le Marmandais, là où de nombreux Italiens trouvent refuge et travail. C’est là que son talent éclot : fresques, retables, faux-marbre, scènes religieuses… Inspiré par Raphaël, Murillo ou Guido Reni, Masutti devient le maître du trompe-l’œil dans le Sud-Ouest.
Les collines ondulantes, les champs de tournesols, les villages médiévaux : tout ce décor a nourri le regard de Masutti. Ses peintures sont traversées de cette lumière dorée propre au Sud-Ouest, et c’est peut-être cela qui continue à toucher aujourd’hui. Découvrir ses œuvres, c’est aussi découvrir la campagne autrement : attentive, habitée, poétique.
Un parcours à la croisée des routes et des émotions
Le parcours autour de Giovanni Masutti se vit comme une échappée buissonnière entre Gironde et Lot-et-Garonne. D’une église à l’autre, il dessine une carte sensible où chaque halte raconte une part d’histoire et de lumière. On y découvre les fresques foisonnantes de Duras, la force dramatique de Seyches, l’intimité de Sigalens ou la douceur de Lerm-et-Musset. C’est une balade à faire à son rythme, en autonomie, au fil des routes de campagne, en prenant le temps de pousser des portes parfois modestes mais toujours habitées par l’art.
Sigalens, éclat discret d’un art sacré
Au détour des petites routes girondines, Sigalens est de ces villages qui se révèlent doucement, entre vignes et collines. Dans son église d’Aillas-le-Vieux, le pinceau de Masutti a laissé des traces sensibles, jouant avec la lumière et l’illusion. Ici, l’art se fait confidentiel, presque secret : une découverte à la fois intime et bouleversante, dans une atmosphère où l’ombre et la clarté dialoguent encore.
Lerm-et-Musset, l’église comme un écrin
À Lerm-et-Musset, l’église devient un véritable écrin pour l’art de Masutti. Ses compositions enveloppent le visiteur et transforment la nef en un espace habité par la couleur. On y retrouve son sens du détail, son amour du trompe-l’œil, cette capacité à donner au décor une profondeur inattendue. Chaque mur devient paysage, chaque voûte une ouverture vers le ciel.
Une constellation d’églises en Lot-et-Garonne
Plus au sud, dans le Lot-et-Garonne, Masutti a essaimé son talent de Duras à Miramont-de-Guyenne, de Mauvezin-sur-Gupie à Baleyssagues. Des fresques foisonnantes, des Christ en majesté, des Cènes inspirées de Léonard de Vinci : autant de traces d’un peintre qui a su inscrire son art dans la vie quotidienne et spirituelle des habitants.
INFOS PRATIQUES
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Un parcours libre : les églises de Sigalens et Lerm-et-Musset, comme plusieurs autres dans le Lot-et-Garonne, sont accessibles toute l’année.
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Clés disponibles : pour certaines églises, il est nécessaire de retirer les clés auprès des mairies.